Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a procédé, ce lundi 20 avril 2026, à la pose de la première pierre du futur Centre de formation et de dialyse, sur la plateforme sanitaire de Tengandogo, à Ouagadougou.

Cette infrastructure, qui sera réalisée derrière le Centre hospitalier universitaire de Tengandogo, s’inscrit dans la dynamique nationale visant à améliorer l’accès aux soins spécialisés, notamment dans la prise en charge des maladies rénales. Le futur centre comprendra deux volets essentiels à savoir une unité de dialyse moderne pour la prise en charge des patients et un centre de formation dédié au renforcement des compétences du personnel de santé.
Le projet prévoit la réalisation d’une unité de dialyse dotée d’équipements de dernière génération pour le traitement des patients, et d’un centre de formation dédié au renforcement des capacités du personnel de santé.
Un partenariat stratégique avec le consortium NIPRO – SIBIRI
Le projet est le fruit d’une coopération internationale née à la suite d’une visite officielle au Japon en janvier 2025. À l’issue de cette mission, le consortium formé par Nipro et Sibri Bio Medical Services s’est engagé à accompagner le Burkina Faso.Ce partenariat prévoit la construction et l’équipement complet du centre, pour un investissement estimé à plus d’un milliard de francs CFA, sous forme de don.

Dr Kargougou a laissé entendre que deux engagements majeurs avaient été pris à l’issue de cette mission. Le premier concerne la réalisation du centre de formation et de dialyse, dont les travaux viennent d’être lancés.

Robert Lucien Jean-Claude Kargougou,Le ministre de la Santé
« Nous assistons aujourd’hui au début de la matérialisation de cet engagement, qui permettra au Burkina Faso de disposer, d’ici la fin de l’année, d’un centre intégré de formation », a-t-il indiqué. Le second engagement porte sur l’implantation future d’une unité de production de matériel d’hémodialyse, prévue sur la plateforme industrielle de Kossodo.

Le vice-président de Nipro Europe, Simon Derbruyne, a salué le démarrage effectif du projet, tout en précisant que les travaux devraient s’achever d’ici fin 2026. « Nous sommes très contents de pouvoir contribuer à un investissement de plus d’un milliard de francs CFA pour créer ce centre de formation et de dialyse », s’est-t-il réjoui. Pour lui, ce projet constitue la première étape d’un partenariat durable visant à améliorer la prise en charge des patients. Selon lui, le centre contribuera à réduire les listes d’attente, un défi majeur dans la prise en charge des insuffisants rénaux.
Pour la Directrice générale de Sibri Bio Medical Services, Mamounata Somda Kouanda, ce projet s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis plusieurs années aux côtés du ministère de la Santé.Créée en 2018, la structure accompagne en effet le gouvernement dans la prise en charge des maladies rénales, notamment à travers l’installation d’équipements de dialyse de dernière génération et la formation continue des professionnels de santé.

« Ce centre permettra d’accroître les compétences des professionnels de santé et d’offrir une prise en charge efficace aux patients », Mamounata Somda Kouanda, Directrice générale de Sibri Bio Medical Services.
Une infrastructure porteuse d’espoir
Au Burkina Faso, l’insuffisance rénale constitue un véritable défi de santé publique. La demande en dialyse dépasse largement les capacités d’accueil actuelles, entraînant de longues listes d’attente. Le président de l’Association burkinabè des insuffisants rénaux et dialysés, Albert Ouedraogo, a salué une initiative porteuse d’espoir.

Albert Ouedraogo, président de l’Association burkinabè des insuffisants rénaux et dialysés
Il a rappelé que de nombreux patients ne peuvent pas accéder aux soins, en raison du coût élevé des séances dans le privé, estimé à environ 75 000 FCFA par séance, à raison de deux séances par semaine. « Quand on vous demande d’attendre, c’est comme si on vous condamnait à mort », a-t-il déploré, tout en reconnaissant les efforts consentis par l’État, notamment la réduction des coûts, la suppression de la caution et les premières avancées en matière de transplantation rénale.
À travers cette infrastructure, le gouvernement ambitionne de réduire les évacuations sanitaires à l’étranger, d’améliorer la prise en charge des patients et de renforcer l’autonomie du système de santé.
Au-delà de sa portée sanitaire, ce projet illustre également une dynamique d’investissement dans les infrastructures publiques stratégiques, contribuant à la modernisation du paysage hospitalier burkinabè.
Wendaabo Cathérine KOURAOGO
Journal de l’Immobilier



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